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Tout ce que vous devez savoir sur les serious games et le game-based learning, expliqué en huit exemples

Tout ce que vous devez savoir sur les serious games et le game-based learning, expliqué en huit exemples

La combinaison des mots « jeu » et « sérieux » semble impossible, pourtant elle ne l’est pas. Ces dernières années, les serious games ont démontré qu’il est désormais possible d’apprendre par le jeu. Cette méthode d’enseignement est connue sous le nom de « game-based learning », une tendance qui se développe à toute vitesse dans les écoles primaires, les prestigieuses universités et les grandes entreprises. Dans ce post, nous allons vous expliquer tout ce que vous devez savoir sur les serious games et l’apprentissage par les jeux vidéo, à savoir ses principales caractéristiques, ses avantages et les exemples les plus significatifs.

Qu’est-ce qu’un serious games?

L’objectif principal des serious games ou jeux sérieux N’EST NI le divertissement ni la distraction, mais l’apprentissage ou la pratique des compétences. Son utilisation s’est surtout développée dans des secteurs comme l’éducation, la défense, l’aéronautique, la science ou la santé. Sa finalité qui est d’une grande variété, peut aller de l’entraînement d’équipes de pompiers en situations d’urgence à la formation d’une équipe de vente, l’enseignement des mathématiques ou la pratique des langues.

Premier exemple : Dragon Box Elements

Dans le domaine éducatif, l’un des jeux les plus simples (et efficaces) est Dragon Box Elements. Dans ce jeu, les joueurs doivent construire une armée pour vaincre le méchant dragon Osgard et sauver l’île d’Euclide. Conçu pour les enfants de plus de neuf ans, les petits devront apprendre les rudiments de la géométrie et les théorèmes d’Euclide pour réussir à relever ce défi. Dragon Box est un bon exemple de serious game : les élèves apprennent les mathématiques tout en se divertissant avec un jeu vidéo.

 

 

Qu’est-ce que le game-based learning ?

La méthode qui consiste à utiliser des jeux vidéo pour l’apprentissage est connue sous le nom de game-based learning. Le principe de base est que les contenus et les compétences qui veulent être enseignées ne sont pas étudiés en classe ou dans un livre, mais à travers des jeux vidéo. Les partisans de cette méthode d’enseignement innovante sont d’avis que les jeux vidéo peuvent être un outil tout à la fois amusant et efficace, réduire les coûts des programmes de formation, augmenter la motivation des élèves et faciliter l’apprentissage par le biais de la pratique. Le produit phare du game-based learning est précisément le serious games.

Deuxième exemple : Pulse!!

C’est le secteur médical qui a accueilli avec le plus grand enthousiasme cette innovante méthode d’enseignement. L’experte en soins infirmiers Claudia Johnston s’est basée sur les jeux vidéo de tirs à la première personne (du type Quake ou Duke pour développer Pulse!!, qui reproduit les conditions d’une salle d’urgence d’un hôpital. Grâce à ce jeu, les futurs infirmiers peuvent pratiquer ce qu’ils ont appris en cours et acquérir de l’expérience pour faire face à des situations réelles. Le but des joueurs est d’identifier les problèmes de chaque patient, donner la priorité à ceux qui sont le plus gravement malade et appliquer les mesures appropriées en fonction de l’état de chacun.

 

 

Les 5 éléments d’un serious games

Faire un serious game n’est pas chose facile : il faut beaucoup de talent, beaucoup de temps et beaucoup d’argent. Bien qu’il existe une très grande variété de formats et d’objectifs, en général la plupart des systèmes de game-based learning comportent cinq éléments qui assurent leur bon fonctionnement et efficacité :

1 – Une histoire. Bien que ce ne soit pas indispensable, la plupart des jeux vidéo ont une trame ou une histoire principale, comme par exemple un prince qui veut sauver une princesse ou un soldat aguerri qui tente de tuer son ennemi. Mais ça peut être également, comme nous l’avons vu plus haut, l’histoire d’une infirmière qui doit sauver un patient. Plus l’argument est sophistiqué (et les personnages), plus facile sera l’immersion des joueurs et plus grande leur motivation.

Troisième exemple : Pacific

Le jeu vidéo Pacific commence précisément avec une histoire : une équipe qui va en mission humanitaire a un accident d’avion et elle est prise au piège dans une île située au cœur de l’océan Pacifique. L’objectif du joueur est de diriger son équipe pour construire une montgolfière qui leur permettra de s’échapper de l’île et de retourner chez eux sains et saufs. Pour ce faire, il faut apprendre toutes les vertus d’un bon leader et chef d’équipes (compétences très recherchées par toutes les entreprises) comme par exemple, motiver et récompenser ses collègues, résoudre les conflits, déléguer des tâches ou faire du coaching. Ce n’est qu’ainsi qu’ils pourront s’enfuir de l’île.

 

 

2 – Gamification. Les dynamiques de jeu telles que les classements, les récompenses, les badges ou les systèmes de points, sont le deuxième élément clé des serious games. En règle générale, cette gamification (ou ludification) encourage et motive les joueurs : nous aimons tous obtenir plus de pièces, plus de vies ou passer au niveau supérieur (rappelez-vous Mario Bros) Dans les serious games, le classement ou le rang sont aussi des éléments très importants : une saine concurrence avec nos camarades de classe ou de travail nous pousse à nous appliquer davantage et à faire tout notre possible pour dépasser nos adversaires.

Quatrième exemple : Duolingo

La plupart de ces éléments sont présents dans la célèbre application de langues Duolingo. Tout en apprenant l’anglais, l’espagnol, le français ou l’allemand, les utilisateurs pourront gagner des points, passer au niveau supérieur, perdre des vies ou dépasser leurs parents et amis. Il y a une récompense pour chaque leçon apprise. Bien qu’au sens strict du terme, Duolingo ne soit pas un serious game, c’est l’une des applications qui a le plus de succès dans l’utilisation d’éléments de gamification pour l’apprentissage.

 

 

3 – Feedback immédiat et individualisé. Contrairement aux cours dispensés en classe (généralement avec des dizaines de personnes dans la salle et un seul enseignant), les serious games offrent un feedback immédiat et personnalisé. Le joueur interagit directement avec le jeu et reçoit instantanément une récompense ou une punition. Dans les jeux vidéo plus sophistiqués, ce feedback est expliqué en détail et argumenté : les utilisateurs peuvent savoir pourquoi ils se sont trompés et essayer de s’améliorer la fois suivante. Bien élaboré, ce feedback peut être un excellent outil d’apprentissage.

4 – Simulation. Dans la plupart des cas, les serious games reproduisent ou imitent des situations de la vie réelle. À travers des personnages de fiction et en recréant des ambiances, le joueur est plongé dans un monde semblable à celui qu’il trouvera au-delà de l’écran de son ordinateur ou du portable. Ce sont d’ailleurs ces simulateurs qui permettent aux utilisateurs d’interagir avec cette nouvelle réalité et de pratiquer les compétences et concepts acquis pendant le jeu.

Cinquième exemple : The Virtual Interactive Combat Environment (VICE)

Les simulateurs ont été utilisés avec un énorme succès pour former des chirurgiens, des pilotes de ligne ou des militaires. Dans ce domaine, l’institution de premier plan est sans aucun doute le Département de la Défense des États-Unis, et c’est probablement l’organisme public qui a consacré le plus d’argent et de ressources au cours des dernières décennies, au game-based learning. L’un de ses jeux vidéo les plus populaires est The Virtual Interactive Combat Environment (VICE) lequel, grâce à un simulateur 3D très sophistiqué, permet au personnel militaire de s’exercer à résoudre des conflits, d’utiliser l’équipement réglementaire, de communiquer avec les autres membres de l’équipe ou d’agir dans des scénarios de guerre.

5 – L’objectif : apprendre. Nous ne nous lasserons pas de le répéter : l’objectif principal des serious games est d’enseigner quelque chose. Tous les éléments cités ci-dessus peuvent également exister dans un grand nombre de jeux vidéo commerciaux, mais ça n’en fait pas pour autant des serious games. Outre le fait d’utiliser tous les éléments mentionnés ci-dessus, les serious games ont toujours une autre dimension que celle d’être ludique, qui sera presque toujours associée à des aspects éducatifs ou formatifs.

Quels sont les avantages du game-based learning et des serious games ?

Lorsque tous les éléments ci-dessus se combinent avec succès, on obtient un outil d’apprentissage d’une grande puissance. L’utilisation d’une structure narrative, les techniques de gamification, les simulateurs et le feedback pendant le processus d’enseignement ont de nombreux avantages comparés à l’apprentissage en cours ou au e-learning. Citons les cinq principaux :

1 – Augmenter l’implication et la motivation

Nous avons tous subi un des aspects négatifs de l’enseignement traditionnel : de longues heures assis à écouter un enseignant, des théories sans fin exposées dans un livre, et presque aucune interaction avec le contenu. Que ce soit parmi les adolescents d’un lycée ou les employés d’une entreprise, le manque de motivation et d’engagement des élèves est l’une des plus grandes préoccupations des enseignants et des responsables des ressources humaines.

Les serious games et le game-based learning sont l’une des meilleures solutions à ce problème. Le principe des jeux vidéo étant l’interactivité, les utilisateurs doivent nécessairement prendre des décisions dès le début. Les dynamiques de jeu favorisent l’effort et la narration dans laquelle ils sont impliqués sert à motiver les élèves. Les jeux vidéo les plus sophistiqués peuvent même parvenir à transformer l’apprentissage en une véritable dépendance. Et comme l’explique le livre The Gamification of Learning and Instruction Fieldbook, « Plus l’apprenant interagit avec d’autres apprenants, avec le contenu, et le formateur, plus l’apprentissage a de chance de réussir.

Sixième exemple : Our City

Les milléniaux (aussi bien à l’école qu’au travail) sont un groupe de personnes avec lesquelles on a en général beaucoup de mal à obtenir une implication. Pour résoudre ce problème, en Jordanie, a été développé un jeu vidéo de Facebook « Our City » visant à impliquer les personnes âgées de 15 à 24 ans dans leurs communautés locales, favoriser le comportement civique des jeunes et les inviter à participer à la vie de la ville. Ce jeu qui a certaines similitudes avec Les Sims, consiste à donner aux jeunes le rôle de maire pour leur permettre de construire leur ville à partir de zéro et procurer du bonheur à ses habitants. Les défis à relever seront par exemple de créer des services publics de base (tels que la santé ou l’éducation) et d’améliorer le transport dans la ville.

 

 

2 – Favoriser la réflexion profonde

Souvent, et en particulier dans le domaine professionnel, nous travaillons dans un environnement routinier et répétitif où nous donnons la priorité aux tâches les plus urgentes. Ceci complique la planification stratégique à long terme et nous empêche de réfléchir en profondeur sur les défis et les opportunités auxquels nous sommes confrontés. En raison de leur capacité à nous plonger dans d’autres mondes et à nous extraire de la réalité, les serious games peuvent devenir cette distance nécessaire dont nous avons besoin pour favoriser la réflexion et la pensée profonde.

3 – Permettre la pratique réelle et sans risque

Contrairement à la formation théorique en classe, le game-based learning se caractérise par un apprentissage basé sur la pratique. Grâce aux simulateurs, les joueurs peuvent interagir avec d’autres personnages et utiliser les connaissances acquises depuis le début. De plus, les serious games offrent le meilleur des deux mondes : d’un côté, les simulateurs doivent reproduire le plus fidèlement possible la réalité ; de l’autre, le jeu vidéo permet de s’exercer en toute sécurité et sans occasionner de dommages personnels ou matériels. Dans le cas d’une opération chirurgicale ou du pilotage d’un avion, cela revêt une importance de premier ordre.

Septième exemple : Merchants

La pratique réelle et directe est également essentielle dans le domaine de l’entreprise. C’est le cas du jeu vidéo Merchants (partie de la plate-forme de Gamelearn) qui forme des employés de toutes sortes de sociétés à savoir négocier et résoudre des conflits. Dans Merchants, les joueurs sont transportés dans la Venise de la fin du XVe siècle, pour essayer de construire un empire commercial et affronter des négociateurs aussi rusés que Machiavel. Ce jeu vidéo permet aux employés d’une multinationale de se confronter à des négociations difficiles qu’ils peuvent ensuite appliquer dans la vie réelle, mais sans que leur société n’ait à payer pour les erreurs propres à tout processus d’apprentissage.

 

 

4 – Améliorer la mémorisation et la rétention d’informations

L’un des avantages des serious games est qu’en potentialisant l’implication et la motivation des élèves, on augmente aussi la mémorisation et la rétention des connaissances acquises. Si on ajoute à cela la pratique réelle et directe, les élèves apprendront mieux et de manière moins superficielle. De nombreuses études scientifiques ont démontré que l’apprentissage par le jeu et la pratique (learn by doing) a des effets plus efficaces et durables dans le cerveau des étudiants.

5 – Faire un monde meilleur

Cela peut nous sembler trop ambitieux et pourtant de nombreux serious games n’ont pas hésité à essayer de changer le monde. L’attrait que la gamification et les simulateurs suscitent en nous, peuvent être un bon outil pour développer l’empathie, promouvoir la paix, défendre les droits de l’homme ou diffuser des valeurs civiques. Contre le stéréotype que les jeux vidéo provoquent des comportements violents ou antisociaux, la réalité est que le game-based learning peut favoriser des comportements pro-sociaux et positifs pour l’ensemble de la société.

Huitième exemple : Food Force

Le Programme alimentaire mondial des Nations Unies a développé en 2005 un jeu vidéo pour promouvoir la prise de conscience sociale et la lutte contre la faim. Dans ce jeu vidéo (Food Force) les joueurs se mettent dans la peau d’un nouveau membre de l’ONU qui doit faire face à la famine et à la guerre civile qui ravage une île du Pacifique. Le but du joueur est de distribuer de la nourriture à la population et d’aider le pays à devenir autonome à moyen et long terme. C’est un exemple fantastique pour montrer de quelle façon les serious games peuvent contribuer à un monde meilleur.

 

 

Le succès des serious games et du game-based learning

Tous ces avantages ont situé le game-based learning au premier plan de la révolution éducative que vit le monde de l’enseignement et de la formation en entreprise. Un grand nombre de ces jeux vidéo, plus ou moins sophistiqués, sont utilisés chaque jour par des millions de personnes (et très souvent à leur insu). Au Royaume-Uni, par exemple, de nombreux joueurs (33%) préfèrent des jeux vidéo de type puzzle, scrabble ou trivial. Bien qu’ils ne puissent pas tous être considérés comme des serious games, ils représentent un bon exemple de l’acceptation croissante du game-based-learning dans le monde entier.

De plus, les serious games sont également un marché très sérieux. Selon les estimations du cabinet de conseil Marketandmarkets, ce secteur va croître entre 2015 et 2020 à une moyenne annuelle de 16,38 %, ce qui situera ce marché pour cette année à 5,449 millions de dollars. Il existe une demande croissante pour l’apprentissage par les jeux vidéo et le marché est en voie de couvrir cette demande.

Les raisons de la popularité du game-based learning sont de plus en plus connus : comme nous l’avons vu, ils améliorent l’implication et la motivation des élèves, permettent la pratique directe et sans risque et facilitent la mémorisation et la rétention des connaissances. Bien que les serious games existent depuis des siècles (n’oublions pas que dès la petite enfance nous apprenons en jouant), les changements technologiques et sociaux de ces dernières années vont développer dans le monde entier le game-based learning. Que ce soit pour améliorer la formation des infirmiers, faciliter l’apprentissage de la géométrie chez les élèves de primaire ou améliorer les compétences en leadership des employés d’une entreprise, les serious games sont devenus l’un des outils d’apprentissage les plus pratiques et les plus efficaces.

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